21 mai 2020

Prince

Prince est le dernier vestige de la génération burnée que verra le Kevin né en 2100, si d'ici-là on ne resombre pas dans la barbarie. À force de nier la virilité, à force de l'humilier, on l'ensauvage car elle doit perdurer d'une manière ou d'une autre ; on la caricature, sa présence est immuable car elle est l'essence naturelle des hommes. Eric Zemmour l'écrivait si bien dans Le Premier Sexe.

Prince est un paroxysme artistique de la virilité achevée, à l'ancienne : celle qui a civilisé son agressivité. Celle qui excelle dans l'art de courtiser. Le paradoxe, chez ce petit homme habillé en femme, c'est qu'il parle à la gente féminine avec la plus grande des assurances, en totale symbiose avec sa position naturelle de dominant. Il prend des risques dans chaque détail. Sa façon de danser est à la fois belle et puissante. C'est le yin et le yang séducteur, ultra carnassier, doux pour autant. Un homme rebelle, authentique, modèle pour d'autres hommes, suscitant chez les femmes l'admiration et le respect, mais dans des manières inattendues et que l'on n'aurait jamais pu prévoir. Un trompe-l'œil total, génie musical entièrement inspiré par James Brown soit dit en passant.


James Brown est, en effet, l'alpha et l'oméga de toute chose pourvue d'âme depuis la fin du XXème siècle. Entré dans la vie par la petite porte de la pauvreté, de l'esclavage et du cirage de chaussures, il se hisse au sommet en se faisant respecter, par son corps puissant, par son attitude révolutionnaire. Il a une âme si grande qu'il danse H24. Dans le studio d'enregistrement de son premier morceau, on lui glisse : "arrête de danser autant, tu vas te blesser avant d'avoir pu faire le moindre concert !". Il s'en fout. C'est sa façon d'être : cosmiquement énergique. Il monte un gang. Il fait la tournée de l'Amérique sans certitude de trouver son public, il a terriblement besoin d'argent.  Il arrive, en 30 minutes, à guider un nouveau groupe qu'il vient de composer pour lui faire faire exécuter le James Brown sound.  Il ne tergiverse pas longtemps dans des paroles miélleuses : favorisant la musicalité par-delà la platitude de paroliers vus et revus parlant de dépression nerveuse, il hurle des onomatopées pleines de vie. Il est le créateur de la soul, du funk et du rap. Ses performances scéniques, l'audace de ses choix de compositeur font de lui le plus grand musicien de tous les temps.

Tout ce que vous avez dans vos oreilles actuellement, vous le devez à un seul homme : James Brown. Il a inspiré tout le monde par sa musique. J'espère maintenant qu'il va inspirer tout le monde par sa virilité, par sa façon d'être. Prince lui rend régulièrement hommage dans ses performances live, il chante I don't want nobody to give me nothing, open up the door I'll get it myself au NAACP Image Awards de 2005. Il est la prolongation directe de son mode de vie : je prends ce que je veux, je le fais en m'amusant, avec tact et je me fais respecter, je repars avec la gloire. 

17 mai 2020

Jon Jones versus Francis N'Gannou



Jon Jones versus Francis N'Gannou va être le plus grand combat MMA de l'histoire. Dana White la joue profil bas, il fait semblant comme à chaque fois que les deux conquérants n'ont pas réellement envie de se battre. Il mythone pour faire monter le levain, faire exploser les ventes quand il annoncera la rencontre tant mystifiée. Les deux légendes sont là, sur les réseaux sociaux, à accepter respectueusement l'invitation de l'autre, avec passion, engouement, désir de surpassement de soi et lubricité de percevoir une mine d'or en déterminant qui est le nègre le plus méchant de la planète.



Honnêtement, le monde a été sidéré par Dominick Reyes. Il a été l'adversaire le plus sournois, le mieux rôdé de la carrière de Jones. Jones, en dieu du combat, a remporté cet affrontement en ajustant son gameplan. Il a su equiver les coups. Lire les patterns. Ménager son agression, pour finir par gagner par décision sur son octagon control et sur sa plus grande précision.


N'Gannou est une différente bête mythologique. Précis, le moindre de ses coups de poings saura mettre le plus grand de tous les temps au tapis. Avez-vous vu ce qu'il vient de commettre sur Rozenstruik ? Un meurte. Ces Africains méritent amplement leur réputation... !


Le parcours de vie d'N'Gannou est celui d'un surhomme. Il a grandi au Cameroun, sans opportunité ni espoir. Son rêve était de devenir boxeur comme Mike Tyson, dont il avait entendu parler. Il n'avait même pas de téléviseur pour regarder le moindre de ses combats. Il a dit aurevoir à sa famille. Il a migré au Maroc, illégalement. Il a tout fait pour suivre son rêve, après qu'il se soit apercu que mener un boulot de merde ne lui conviendrait jamais en tant qu'homme testostéroné. Un homme, il a besoin de projets. Il a besoin de se donner une chance de les réussir. Il se doit d'essayer, sans quoi il est insatisfait toute sa vie. Il regrette. Un homme qui quitte tout pour s'exposer au danger, avec derrière une grande récompense potentielle à la clé, sans en avoir la moindre garantie, est un courageux.

N'Gannou vit un an au Maroc, sans pouvoir nécessairement se laver, sans pouvoir régulièrement manger. Il est contraint de voler. Il raconte dans son entretien récent avec son idole, Mike Tyson, qu'il a même du chasser. La classe ! Il mène encore une vie de merde. Puis, en 2013, il immigre clandestinement en France. Mes opinions politiques sont ce qu'elles sont. Force est de respecter humainement l'ambition de ce type. Il n'est pas là pour profiter des aides sociales mais pour obtenir une opportunité d'entrer dans un club de boxe. Le mec a parcouru tout ce chemin pour enfiler des gants ! Incroyable.

Il est gratuitement hébergé par une association, il touche des paniers alimentaires et son droit d'entrée au club de boxe est payé. Cette charité, si elle a détruit la France éternelle, a au moins permis la création d'un monstre pareil, à l'ambition sans précédent. Tyson lui a dit en personne : "tu dois croire que c'est Dieu qui t'a mis sur ce chemin, tu dois y croire à 100% en avoir la certitude que tu es là pour remplir une mission. C'est ce qui va te séparer des autres, faire de toi une légende."

Sa mission est de mettre K.O. tout le monde au premier échange de boxe. Arrêter la première tentative de mise au sol d'une légende lutteuse en un uppercut sans élan, ni profondeur, tellement puissant qu'il résulte en un K.O. immédiat. Sa mission est d'effrayer toute la concurrence jusqu'à ce qu'elle l'avoue publiquement, comme l'a fait Stipe. Il s'est très humblement remis de sa défaite contre Stipe et il croit davantage en lui depuis sa performance molle contre Derrick Lewis. Il a tellement amélioré son mental que ça se remarque : triplette de K.O. au premier round, en dessous d'une minute. Dana White, qui doutait de lui, est convaincu de lui donner le title shot.

En face, Jones est le plus grand combattant de tous les temps au sens spirituel comme technique. Son parcours de vie est lui aussi celui d'un héros, qui s'est mis à prier pour ne plus recommencer ses erreurs de milieu de carrière. Il n'a jamais perdu. Il est invaincu car il se sait battable. C'est la raison pour laquelle il perfectionne chaque détail de son jeu, inlassablement. Il est l'homme le plus complet qu'on ait jamais eu la bénédiction de voir. Sa façon d'être, sauvage, détendue et authentique à la nature humaine est aboutie et rare.

Après avoir analysé tous ses combats, je crois en Jones pour la victoire. Il va reculer en forme circulaire. Tempérer l'avancée de la brute avec ses oblique kicks, leg kicks quand son pied arrière se pose au sol. Je sens un premier round très lent, plat et ennuyeux à voir. Jones a vu ce que les anciens adversaires de l'Africain ont pris : Velasquez, Dos Santos, Rozenstruik... Il va la jouer défensive. S'engager ne va pas être son gameplan.



Il va l'avoir à la fatigue, cumulée au démembrement méthodique de ses jambes. Il shootera un takedown au milieu du second ou au début du troisième round. Au sol, avec plusieurs larges minutes pour travailler, il a toutes ses chances d'achever N'Gannou. Le powerhouse sait cela. On l'a déjà vu travailler sa défense de takedown. Ca ne sera jamais suffisant devant Jon Jones, qui fût le premier homme à mettre au sol Daniel Cormier. La façon dont il a méthodiquement ridiculisé Gustafsson dans leur deuxième combat, au sol, progressant en position sans être contesté, assénant un ground and pound parfait, va être le scenario le plus probable contre Francis N'Gannou.

Jouant en défaveur de Jones sera sa prise de poids, nécessaire afin de concrétiser le combat en poids lourds. Ces kilos supplémentaires risquent de le ralentir, de bouleverser son rythme. En sa faveur, sa mâchoire titanesque. Je pense qu'il serait le premier à encaisser un crochet pleinement engagé de l'Africain sans tomber.

Bien sûr, il est dans l'intérêt logistique de l'Africain de retarder ce combat de rêve. Il mérite le titre de sa catégorie depuis trop d'années. Or, une opportunité pour le titre se re-présentera pour lui fin 2020, après le règlement de la trilogie Cormier - Stipe. Si j'étais son manager, je lui dirais d'attendre. Prendre l'or d'abord. Le défendre contre le plus grand de tous les temps ensuite. Je comprends qu'il brûle d'envie de rester actif entre temps, mais cela comporte un risque de destitution. Il a montré sur Twitter qu'il est prêt à le prendre. Quelle incroyable témérité !

Quand ce combat aura lieu, tout le monde sera assis le cul sur la chaise, qui menacera de craquer sous la tension émanant de l'écran. Ce sera fantastique.

28 avr. 2020



J'espère que Justin Gaethje va exploser Tony Ferguson le 8 mai ! Quoi de plus beau pour reprendre la vie qu'un feu d'artifice de poings, coudes, coups de pieds traitres et timés de manière originale, expéditivement efficace, à la Mike Tyson ou à la Jon Jones. Exceptionnel. Justin Gaethje est une bête mythologique. Ferguson est un malade mental... Il est recherché par l'hôpital ! Mais il a de pures techniques, genre soumission depuis une tentative de mise au sol ultra basse. Une chose est sûre : ça va chier.

Une deuxième chose est sûre : Gaethje va exploser au premier round, avec des coups à la jambe et des crochets divinement amorcés. Il a cette façon, après chaque crochet du gauche qu'il rate ou qu'il rentre de manière brouillonne, dans les scrambles par exemple, de garder sa main sur la tête de l'adversaire. Ainsi, il le prend en clinch d'où il lui assène un putain d'uppercut ! K.O. garanti si n'importe quel remplaçant se prend ça ! 😅

Ferguson est un putain de dieu qui va couper jusqu'à la rendre intégralement rouge la face de Justin. Il va avoir un répondant face à la pression de Gaethje, rendre les coups, et feinter, savoir être traitre avec un coup de pied inattendu au visage ou un enchaînement de kickboxing. Le gars est un naturel. Il ne simule pas.

Bref, ce combat me passionne déjà d'avance vus les résumés de chacun. Vue la façon explosive, primitive, intelligente, innovante dont ils se battent chacun de leur côté, on ne pouvait pas reprendre la vie sans meilleur cocktail de violence ! Ah, putain, que ça fait du bien !

31 mars 2020

La prise de risque, dans la vie d'un homme, est grandement récompensée. Elle est la seule manière pour un mâle de vivre authentiquement, de grandir, fidèle à ses couilles et à son instinct primitif. Quel bonheur ! C'est la raison pour laquelle mes projets financiers se démultiplient.

23 mars 2020

Le Russe


Je suis en train d'apprendre le Russe. La civilisation, la culture, la gestion efficace du pays par Poutine, son histoire millénaire sont chargés d'une mystique fascinante. En bonus, le Russe a une utilité dans la relation clients à Cannes.

Cette langue est sublime. Dans la bouche d'une femme, elle sonne douce. Dans la bouche d'un homme, elle sonne virile. Les locutions commencent dans les aigues, elles se terminent mécaniquement dans les graves. Incisivité à l'introduction de l'idée puis réconfort à la conclusion. Excellent calquage de l'esprit sur le yin et le yang.

16 janv. 2020

23 déc. 2019

Le Capital Social


Comment ne pas avoir horreur des téléphones portables, de tous ces crétins qui ne connaissent que ça. Ils courbent l'échine. Ils gardent les yeux rivés sur le poison. S'ils apprenaient un pas de danse classique, ou de tango argentin au lieu de scruter Instagram ils seraient plus abordables.

Le capital social en France a été anéanti par :

  • La Révolution française. Dans la démocratie qui en découle, chaque individu développe une pensée politique diamétralement opposée à celle de son prochain. Là où le Roi réunissait tout le monde autour du Bien Commun.

  • L'immigration massive extra-européenne : des gens qui n'ont rien à voir avec notre mode de vie, notre culture, viennent faire ménage à deux. Non, ménage à trois. Non, ménage à quinze vu le nombre de peuples disparates !!!

  • La virtualité. Parce qu'elle affaiblit les âmes. Rend mou, faible, fait perdre le courage d'aller aborder l'autre dans la rue. On se dit qu'on peut toujours se sociabiliser via une application de messagerie. Que se parler par textos, c'est mieux, moins fatiguant. L'intonnation, la gestuelle et l'infini d'une action réelle n'est plus intéressant.